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[La tragique liste ne s’arrête pas là...]

Image (fixe ; à 2 dimensions)
titre :
[La tragique liste ne s’arrête pas là...]
adresse :
. — [S.l.] : [s.n.], (ICC (Imprimerie Centrale du Croissant))
description technique (h × l) :
. — 1 affiche (impr. photoméc.), coul. (une  : noir , papier jaune ) ; 42 × 27 cm
notes :
descriptif :


[ texte (journal mural) ]

texte :

La tragique liste ne s’arrête pas là...

Des informations qui nous sont parvenues après la publication de ce résumé font état d’une nouvelle série de crimes commis par les franquistes.

ENCORE HUIT FUSILLES A OCAÑA

Les antifranquistes dont les noms suivent :
Eugenio Parra Rubio, Manuel Villalobos Villamuelas, Rogelio Garcia, Pedro Martînez Magro, B. Calero Vàzquez, Daniel Elola Gômez, Luciano Arroyo Coblanque, Felix Gômez Casares,
qui figurent sur le tableau ci-joint, des condamnés à mort, ont été assassinés dans le bagne d’Ocaña, le 21 août 1948. On ne l’a su à l’extérieur que le 10 septembre. Franco n’a osé publier avant cette date aucun communiqué sur le crime que ses hommes avaient commis dans le plus profond secret.

Ceci fait craindre que le même danger, grave et imminent, ne pèse sur tous les autres antifranquistes espagnols condamnés à mort ou sur le point de l’être à la suite des pétitions fiscales de peine capitale dont ils sont l’objet.

NOUVELLES PÉTITIONS DE PEINE DE MORT

Le soi-disant « procès » contre José SATUE s’est ouvert à Madrid le 25 août. Il est inculpé d’avoir dirigé la réorganisation de l’Union Générale des Travailleurs Espagnols. Piétinant toutes les normes juridiques, le juge spécial militaire requiert contre lui la peine de mort. Compte tenu des méthodes fascistes utilisées par Franco — l’assassinat des huit antifranquistes sus-mentionnés en est une nouvelle preuve — il y a lieu d’affirmer que les plus graves dangers pèsent sur la vie de José Satué et de ses compagnons.

ARRESTATIONS MASSIVES

Ces derniers temps, la police franquiste a pratiqué, dans la Galice espagnole, des arrestations massives de citoyens, républicains ou simplement « suspects » de l’être. Parmi les détenus se trouvent :
José Gômez Gayoso, instituteur ; Antonio Seoane, ouvrier ; Juan Romero Ramos, ouvrier ; José Bar trina, médecin ; José Ramôn Diaz, tailleur ; José Rodriguez Campos, ouvrier ; Juan Martînez, paysan.

On compte également. parmi les détenus, quatre femmes :
Maria Blâzquez, Clementina Gallego, Carmen Orozco et Josefina Gonzâlez Cudeiro.

Tous ont été et sont soumis pur la police à de brutales torture. On éprouve de sérieuses craintes pour leur vie.

ASSASSINES PAR LA « LOI DES ÉVASIONS » OU LES TORTURES

Pendant ce temps, c’est-à-dire au cours des semaines qui se sont écoulées entre la publication du résumé ci-joint et le 1er octobre, de nouveaux crimes ont été commis par la Garde civile parmi les paysans.

En voici une liste de ceux dont la nouvelle est parvenue à notre connaissance :

Noms et circonstances Date Lieu
Eugenio Rueda VEROZAN
Arrêté sous l’inculpation d’aider les « guerrilleros ». Après être soumis à de brutales tortures, il fut sorti du cachot et assassiné par l’application de la « loi des évasions »
2 septembre 1948 Coruña
Manuel RODRIGUEZ
Assassiné par la Garde Civile qui fit feu sans préavis sur un groupe de paysans qui rentraient de leurs travaux
2 septembre Coruña
Trois paysans
Assassinés par la Garde Civile alors qu’ils rentraient de leurs champs
 5 septembre Lugo (province)
Justino ISABEL et Florencio MARTIN
Arrêtés sous l’inculpation d’aider les « guerrilleros ». Après être soumis à de brutales tortures, ils furent sortis du cachot et assassinés dans la campagne
 13 septembre  Ciudad Real (province)
José NOSTEIRO
Assassiné par la Garde Civile par l’application de la « loi des évasions » à cause de ses idées républicaines
 15 septembre  Tuiriz (Pontevedra)
Antonio ARAGON
Assassiné à cause de son hostilité au régime de Franco ; la « loi des évasions » fut appliquée contre lui
 15 septembre Alhaurin el Grande (Málaga)
Deux paysans
Assassinés par la Garde Civile sous prétexte qu’elle les soupçonnait d’aider les « guerrilleros »
16 septembre Zalamea (Badajoz)
Guillermo ALVAREZ et Julio PRADA
Assassinés par la Garde Civile. Ils avaient été arrêtés sous l’inculpation d’aider les « guerrilleros »
 16 septembre  Puente dt-Domingo Florez (Leon)
Manuel VELA
Arrêté, il fut brutalement torturé jusqu’à la mort par la police ; son cadavre fut ensuite pendu au cachot du Commissariat pour simuler un suicide
 16 septembre  Santander
Rafael QUEIADA et Antonio GOMEZ
Arrêtés alors qu’ils travaillaient dans une ferme, sous l’inculpation d’aider les « guerrilleros » ; ils furent assassinés avant d’être arrivés au poste
 16 septembre  Adamuz (Cordoba)
Fernando GALLEGO
Accusé d’être en liaison avec les « guerrilleros », il était conduit au poste et fut assassiné en chemin
 18 septembre  Villanueva del Duque (Cordoba)
Salvador Giménez GARCIA et Salvador Herrera RUEDA
Assassinés par la Garde Civile qui appliqua contre eux la « loi des évasions » sous prétexte qu’ils étaient « suspects »
 22 septembre  Cartarna (Málaga)
Leonardo GONZALEZ
Assassiné par un caporal de la Garde Civile, nommé Morado Rico
 22 septembre  Horta (Lugo)
Francisco Revilla MARTIN
Arrêté sous l’inculpation d’aider les « guerrilleros ». Après de barbares tortures, les gardes le sortirent à la campagne pour faire soi-disant une « reconnaissance des campements des républicains », et l’assassinèrent
 23 septembre  Motilla del Palancar

Edition de « MUNDO OBRERO ». — Paris, 7 octobre 1948.
Le Directeur-Gérant : F. Fernandez-Lavin, 15, rue Montmartre, Paris (1er).

ICC, 13, rue de la Grange-Batelière, Paris (9e)


sources :

Journal mural publié par le Parti communiste espagnol (PCE), liste de personnes assassinées et arrêtées par les franquistes.
Mention de responsabilité : Mundo Obrero.

cotes :

Aff1360 - 205411 (cira L)