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[Le Père Peinard au populo]

Image (fixe ; à 2 dimensions)
titre :
[Le Père Peinard au populo]
adresse :
. — Paris : le Père Peinard,
description technique (h × l) :
. — 1 affiche (impr. photoméc.), coul. (une : noir, papier de couleur) ; 41 × 31 cm
notes :
descriptif :


[ texte sur papier de couleur ]

texte :

Supplément au n° 21 du Père Peinard

Le Père Peinard

Au populo

Voici le 18 mars qui rapplique. Chouette anniversaire, nom de dieu !

Des journées pareilles, jours de triomphe populaire, y en a fichtre ps épais, le long de l’Histoire.

Au 18 mars 1871, les Parisiens foutirent les pieds dans le plat et se rebiffèrent crânement. Les troubades, sentant la Révolution mûre, sans faire de magnes, levèrent la crosse en l’air.

Mince de jubilation quand les bons bougres se reluquèrent victorieux ! Croyant la Révolution à jamais triomphante, ils allèrent boire chopine chez les bistrots.

Hélas ! les gas se montaient le job : l’heure de rire n’avait pas sonné. Bien au contraire ! AU 19 mars 1871, y avait rien de fait et ce n’était foutre pas le moment de s’endormir sur le rôti ; il eut fallu se décarcasser dar-dar, se démarcher dur et ferme, tendre ses biceps, déployer nerf et initiative.

Il n’en fut rien, nom d’une pipe ! Au lieu d’opérer lui-même, le populo, toujours bonne poire, s’en rapporta aux autres : il se fia à la poigne du Comité Central. Y avait là peu de mauvais bougres ! Mais, devenus gouvernement, les types se trouvèrent aussi embarrassés devant la situation qu’une baleine qu’aurait pêché une clarinette.

Et les Parisiens, confiants dans leurs chefs, au lieu d’agir, firent le poireau !

Et on ne marcha pas sur Versailles !

Et on monta la garde devant les coffres de la Banque !

Le résultat de ce manque de jugeotte fur désastreux : les Versaillais se réorganisèrent et, grâce aux millions de la Banque de France que les Communards leur conservaient précieusement, ils furent bientôt à même de foutre une sacrée fessée aux Parisiens.

Tellement que, depuis lors, le populo en est resté tout patraque : la saignée de mai lui a coupé bras et jambes !…

Heureusement, il germe des fistons qui, — espérons-le ! — ne bouderont pas à sa besogne et seront plus à la hauteur que le furent les vieux.

Ceux-là ne s’en rapporteront plus aux Autorités pour réaliser une société meilleure ; quand ça sera le moment de se montrer ils marcheront carrément et, — avant toute chose, — ils s’arrangeront, en dehors de tout gouvernance, pour que chacun bouffe à sa main, que personne n’aille cul-nu, ni ne refile la comédie.

Ça fait, la Sociale aura du vent les voiles ! Dès que les bons bougres auront goûté à la vie nouvelle nul de voudra, — même les plus pantouflards, — retomber dans le pétrin capitalo et gouvernemental.

Le Père Peinard.

Bons bougres, pour vous rincer l’œil et vous décrasser les boyaux de la tête, chaque dimanche payez-vous Le Père Peinard, réflecs hebdomadaires d’un gniaff. Le caneton est en vente chez tous les libraires et coûte deux ronds.

Ce placard peut être affiché que revêtu d’un timbre d’affiches de six centimes.

Imprimerie Ch. Favier. 120, rue Lafayette, Paris.


sources :

Affiche parue en supplément du n° 21 Père Peinard (14 mars 1897).

cotes :
 


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