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[Élections législatives : à l’homme qui veut voter]

Image (fixe ; à 2 dimensions)
titre :
[Élections législatives : à l’homme qui veut voter] / Eugène Petit « Strix »
adresse :
. — Paris : L’ Anarchie (1905-1914), (Causeries populaires, impr. des)
description technique (h × l) :
. — 1 affiche (impr. photoméc.), coul. (une : noir, papier de couleur) ; 62 × 43 cm
notes :
descriptif :
Symbole(s) utilisé(s) :

[ texte ; dessin (« Le maître et ses valets » : des oies amenant leur bulletin dans l’urne gardée par un cochon gras près d’un baquet “retraites”, sous une bannière « La servitude volontaire : lois ouvrières ») par Eugène Petit ]

texte :

Élections législatives

À l’homme qui veut voter

À nouveau, l’heure de choisir les bergers a sonné. Elle retentit gravement au beffroi de toutes les politiques, afin que tu ne l’oublies pas :

Tous aux urnes, pas d’abstentions

voici le refrain final des sonneries diverses.

Ne pas voter, c’est un pêché, dit le catholique. — Ne pas voter, c’est être un mauvais citoyen, dit le républicain. — Ne pas voter, c’est trahir ses frères, dit le socialiste.

Qu’est-ce donc que voter ? C’est choisir soi-même le maître qui vous donnera le fouet, qui vous volera.

L’ouvrier forge les chaînes qui l’attachent, bâtit les prisons qui l’enferment, fabrique les fusils qui le tuent. Il pétrit la brioche qu’il ne mangera pas, il tisse les vêtements qu’il ne portera pas… Mais cela ne lui semble pas suffisant. Il veut paraitre le maitre, le peuple souverain, et il choisit lui-même ceux qui lui tondront la laine sur le dos. Il est le bétail, le troupeau qui nomme ses bergers.

Il croit qu’il est impossible de ne pas être dirigé, aussi veut-il se payer le chic de choisir les bergers qui frapperont son échine et les chiens qui mordront ses mollets.

Homme qui veux voter, réfléchis.

Réfléchis bien. Les riches ne sont puissants que par leurs bergers et leurs chiens, et la force du berger et du chien ne vient que de ton acceptation, de ton obéissance, de ton vote.

Ne va plus jeter ton bulletin dans l’urne. Reste chez toi ou va te balader. Tu verras alors la tête des maîtres et des candidats. Moque toi du vote. Ta force n’est pas dans un carré de papier. Elle est dans ton cerveau, dans tes bras, dans ta volonté, lorsque tu sauras les employer à faire tes affaires et non celle des autres.

Si tu votes, tant pis pour toit. Tu deviens notre adversaire, car

Notre ennemi c’est notre maître,
Or, l’électeur nomme le maître
Donc l’électeur, voilà l’ennemi.

Les abstentionnistes

Vu le candidat : — Impr. des Causeries Populaires, 22, rue du Chevalier-de-la-Barre, Paris — Demandez tous les jeudis : l’anarchie


sources :

Affiche parue pour les élections législatives de 1910. Même texte publié en 1906, avec une autre illustration.

cotes :

BG-D16/79 (iisg)


1906

1906

1908

1908

1914
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