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[N° 351 - Commune de Paris - Aux gardes nationaux de Paris]

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Image (fixe ; à 2 dimensions)
titre :
[N° 351 - Commune de Paris - Aux gardes nationaux de Paris]
adresse :
. — Paris : Comité de salut public (1871) : Commune de Paris (1871), (Imprimerie nationale [Paris : 1871])
description technique (h × l) :
. — 1 affiche (impr. photoméc.) : n. et b. ; x × y cm
notes :
descriptif :


[ texte ]

texte :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

N° 351 LIBERTÉ — ÉGALITÉ — FRATERNITÉ N° 351

COMMUNE DE PARIS

Aux Gardes nationaux de Paris

Vos ennemis, ne pouvant vous vaincre, voudraient vous déshonorer. Ils vous jettent les épithètes de brigands et de pillards, en ajoutant ainsi la calomnie à la série de leurs crimes. Répondre par la force à leurs attentats contré la République, voilà le brigandage ; lutter pour le triomphe des franchises communales, voilà le pillage.

Bonapartistes, orléanistes et chouans sont ligués contre vous et n’ont de lien commun que leur haine pour la Révolution. Ils rêvent de rétablir un trône qui servirait de rempart à leurs privilèges, et ils voudraient écraser la République, garantie de tous les progrès, sous l’ignorance des campagnes qu’ils égarent ou corrompent.

Vous déjouerez leurs projets liberticides par votre discipline et votre héroïsme. Leurs trahisons nous ont empêchés de sauver l’intégrité de notre patrie, mais elles n’auront pas la puissance de nous rejeter sous le joug, même passager, d’une restauration monarchique.

Il faut que ces insurgés contre les droits du Peuple en prennent leur parti : nous réaliserons le sublime programme tracé par nos pères en 92. L’ordre dans la République, la liberté, l’égalité, la fraternité, ne demeureront pas lettre morte. La lutte soutenue en France depuis quatre-vingts ans contre le vieux monde va toucher à son dénoûment.

Si vous remplissez vos devoirs, il n’est pas douteux : c’est Paris triomphant, ce sont les villes qui brûlent de suivre votre exemple, ce sont les campagnes élevées à la notion de leurs droits, c’est la République devenue inébranlable et affranchissant le Peuple de l’ignorance et de la misère, c’est une ère nouvelle ouverte à tous les progrès.

Si, au contraire, vous hésitiez ou vous reculiez, ce serait Paris livré aux vengeances féroces des sicaires de Versailles et noyé dans des flots de sang ; ce serait la dévastation et le carnage dans toutes les rues, regorgement et la déportation des Républicains dans toute la France, le deuil de la République ajouté au deuil national, l’esclavage du citoyen greffé sur la Patrie démembrée, une rétrogradation effroyable dans toutes les orgies du royalisme.

Gardes nationaux ! votre choix est fait : vous combattrez pour la République, pour votre salut, pour la plus noble des causes, et vous vaincrez !

VIVE LA RÉPUBLIQUE !
VIVE LA COMMUNE !

Paris, le 27 floréal, an 79.

LE COMITÉ DE SALUT PUBLIC.

IMPRIMERIE NATIONALE, — Mai 1871.


sources :

Texte d’après Les Murailles politiques françaises, tome II : la Commune, Paris, Versailles, la Province (Paris : Le Chevalier, 1874), p. 527.

cotes :