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[Assassins galonnés]

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Image (fixe ; à 2 dimensions)
titre :
[Assassins galonnés]
adresse :
. — Paris : Ligue antimilitariste (Groupe de propagande antimilitariste & groupe de propagande de la),
description technique (h × l) :
. — 1 affiche (impr. photoméc.), coul. (une : noir, papier de couleur) ; x × y cm
notes :
descriptif :


[ texte ]

texte :

Assassins galonnés

Aux « cocos » de Madagascar »

(2e compagnie du Corps des disciplinaires des Colonies)

Le 19 septembre 1897, le sergent Gérôme entra dans la chambre des disciplinaires à Diégo-Suarez pour commander de garde le fusilier Boudou. Celui-ci, ayant des fièvres, avait été exempté de service par ordre du médecin-major : le sergent Gérôme voulut, malgré tout, lui faire prendre la garde, le disciplinaire objecta son exemption, alors le sergent tira son revolver et en déchargea un coup. Cette scène avait lieu dans la chambre remplie d’hommes, mais personne ne fut atteint. Les gradés accoururent au bruit de la détonation. Boudou fut mis en cellule avec les fers et les poucettes. Le capitaine Legros rassembla alors les gradés et devant tous les fusileurs leur dit :

« Le premier gradé qui tirera sur un disciplinaire… et le manquera aura 30 jours de consigne. »

Une heure après, quatre gradés : les caporaux Bernard, Besançon, Slinger, le sergent Rolland et le soldat d’infanterie de marine Floque entrèrent dans une cellule où était détenu le fusilier Laffond, se ruèrent sur l’homme attaché et le frappèrent avec une brutalité inouïe. Après avoir à moitié assommé ce malheureux, ils le laissèrent. Au bout d’une heure, ils revinrent et recommencèrent le même traitement : Laffond se mit à pousser de tels cris qu’un gradé, sautant sur lui, lui fracassa la mâchoire inférieure à coups de talons ; puis le caporal Bernard, pour clore cette scène de sauvagerie, tira son revolver et en déchargea un coup dans la poitrine du disciplinaire qui ne pouvait se défendre ayant les membres pris dans les fers. La balle traversa la poitrine de Laffond et alla se loger fans la bras de son voisin de fers, un nommé Desforges.

Laffond mourut pendant son transport à l’hôpital. Le caporal Beranrd reçut les félicitations du général Gallieni et quinze jours après était nommé sergent.

l’avis de décès, qui fut envoyé à la mère de la victime portait cette mention :
« mort au champ d’honneur »

« Extrait de La Revue blanche de décembre 1900 »

Pour le Comité de propagande de la Ligue antimilitariste.

Le secrétaire responsable : G. Dubois-Desaulle

Prière à toute personne possédant des renseignements sur les corps disciplinaires et établissements pénitentiaires militaires de nous […] établie, 26, rue Titon, Paris.

[…]


sources :

Paru en décembre 1900 : http://bianco.ficedl.info/article1097.html

https://revolutionnairesangevins.wordpress.com :

AD 49. 4M6/58 éditée par le Groupe de Propagande de la Ligue Antimilitariste de Paris, fondé le 26/12/1899 à Paris. Affiche collée en février [nuit du 24 au 25] à Angers, par deux fois, en plusieurs endroits de la ville et éditée 2 mois avant à Paris…

cotes :
 

1901
Affiche liée