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[Appel des anarchistes à leurs frères de misère]

Image (fixe ; à 2 dimensions)
titre :
[Appel des anarchistes à leurs frères de misère]
adresse :
. — [S.l.] : [s.n.],
description technique (h × l) :
. — 1 affiche (impr. photoméc.) : n. et b. ; x × y cm
notes :
descriptif :


[ texte ; dessin (poignard avec l’inscription « Mort aux exploiteurs » sur le manche) ] ]

texte :

Appel des anarchistes à leurs frères de misère

Mangerons-nous demain telle est la question qui actuellement s’impose à tout ouvrier. Plus nous avançons dans ce siècle dit de « progrès » plus nous sommes misérables ; plus est grand le nombre des ouvriers sans travail, plus diminue le salaire de ceux qui travaillent et plus viennent nombreux les morts et les suicides causés par la misère et les privations.

Qu’attendons-nous pour changer notre situation ! relevons no. courageusement, et ne soyons plus cette masse de travailleurs ramollis par la misère, quémandant du travail n’importe à quel prix, demandant des recours d’indigent presque toujours refusés, et faisant la courbette aux autorités administratives, pour avoir le droit de manifester notre mécontentement contre nos affameurs.

Attendons nous que nos patron,, nos propriétaires, nos gouvernants, enfin tous ceux qui consomment beaucoup et ne produisent rien, qui, depuis des siècles, de génération en génération, se sont procurés toutes les richesses en nous dépouillant de l’autorité, en nous asservissant, attendons-nous qu’ils changent d’attitude, se défaisant de leurs privilèges et travaillent à notre amélioration ; pouvons-nous attendre même le moindre arrêt dans leur accaparement, quand à chaque instant ils se moquent de notre misère et de celle des nôtres en affichant de nouveaux tarifs diminuant les salaires : quand les travailleurs manifestent, sans armes pour conquérir leur droit à la vie, ils répondent par une nuée d’agents munis de fer et de plomb.

Nous, les travailleurs, qui avons créé les richesses sociales qui se détériorent dans les magasins faute de consommateurs, alors que nous crevons de faim et que nous sommes déguenillés, n’attendons rien de cette caste qui nous exploite et nous opprime, sachons que le mal n’est pas dans ce que nos gouvernants soient rouge ou blanc, mais qu’il est dans le fait même de leur existence : tant que nous aurons des gouvernants, nous serons des gouvernés, et tant que nous aurons des exploiteurs nous serons des exploités.

Pour sortir de cette misère nous n’avons qu’un moyen
la révolution violente

Désormais, ne nous amusons pas à faire des grimaces aux agents, ni à chanter le Chant du départ ou autre baliverne, agissons. Notre devoir est d’aller dans les magasins prendre ce qu’il nous faut et donner aux malheureux ce qu’ils ont besoin. Que chacun de nous cherche celui ou ceux qui l’oppriment, alors que ces vampires se croyaient surs, disons comme Thiers pendant l’égorgement de
71 nous n’en tuerons jamais assez

Avocats, journalistes et jésuites, qui mentez pour noous idiotiser et vous faire des rentes, juges, patrons, propriétaires, officiers qui torturez les enfanta du peuple, mouchards de tout grade, à la lanterne que du boyau du dernier prêtre on étrangle le dernier bourgeois.

Mort aux exploiteurs

Vive l’anarchie


sources :

Archives départementales de la Côte-d’Or

cotes :