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[À bas la Calotte et vive la Sociale !]

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Image (fixe ; à 2 dimensions)
titre :
[À bas la Calotte et vive la Sociale !]
adresse :
. — Paris : Le Libertaire (1895-1939),
description technique (h × l) :
. — 1 affiche (impr. photoméc.), coul. (une : noir, papier de couleur) ; [ 45 ?] × [ 31 ?]  cm
notes :
descriptif :


[ texte ]

texte :

À Bas la Calotte et Vive la Sociale !

Au peuple de Paris

L’arrogance de la cléricale devient intolérable.

Enhardis par quelques succès plus apparents que réels, rendus audacieux par l’occulte complicité des Pouvoirs Publics et par la protection ouverte de la Force armée, les partisans de la Calotte se croient les maîtres de Paris.

Ils rêvent de faire revivre les heures d’affolement où les bandes nationalistes, à la faveur de l’Affaire, tentaient de terroriser l’opinion publique.

C’est, transportée dans le domaine religieux, la guerre sociale dans sa tragique netteté, avec les deux France en présence : celle du passé et celle de l’avenir.

Voilà la signification exacte et profonde delà présente agitation et ce serait folie que de ne pas s’en rendre compte,

Camarades,

L’heure est grave.

De nous, de nous seuls, mais de nous tous, il dépend qu’elle soit féconde, peut-être décisive.

Il suffit que nous le voulions. Il faut le vouloir.

Une chose est à faire : Opposer les bataillons rouges de la Révolution aux bataillons noirs de la Réaction,

Républicains, Libres-Penseurs, Démocrates, Socialistes.

Vous ne vous faites pas d’illusions sur l’énergie (?) des Pouvoirs Publics.

En tous cas vous savez que ceux-ci ne marchent que contraints par la poussée populaire.

Donc, si vous voulez sincèrement, ardemment — et en attendant plus et mieux — la séparation des Églises et de l’État, la suppression du budget des cultes et toutes mesures destinées à affaiblir la Religion, tueuse d’énergie, fomentes d’oppression, d’ignorance et de misère, c’est sur vous, sur vous seulement qu’il faut compter.

En conséquence,

Travailleurs qui êtes las de pourvoir à l’entretien des séculaires ennemis de votre affranchissement ;

Hommes de vérité qui comprenez combien il est absurde de fournir des subsides à l’Imposture, de favoriser sa propagande et de fortifier sa domination ;

Révolutionnaires qui savez tout le mal que les Religions — toutes les Religions — ont fait et font à l’Humanité, et qui savez aussi que la Religion est, avec le Militarisme, le plus redoutable rempart du Régime capitaliste ;

Nous vous convions tous, sans distinction d’aucune sorte, a une grande manifestation populaire, pour le dimanche 31 mai.

Citoyens et Camarades,

Que ce jour-là, comme de coutume, la Prêtraille donne en paix sa bénédiction aux pauvres de cervelle qui fréquentent les églises, que les petits jeunes gens des cercles religieux et des patronages catholiques, encadrés par les pseudo-bouchers de la Villette se donnent — à bon compte — des airs de soldats valeureux et invincibles.

Avec ou sans gourdins, avec ou sans os de mouton, avec ou sans revolvers (il n’y en a pas que pour eux), tous ces gens-là ne tiendraient pas longtemps tète à leurs adversaires, si la bataille pouvait s’engager directement entre les belligérants.

Mais nous savons qu’il sera impossible d’approcher des églises, à plus forte raison d’y pénétrer.

Au surplus nous n’éprouvons pas — pas encore, du moins — le besoin d’envahir les mauvais lieux dits « saints lieux » et d’en chasser les vendeurs d’eau bénite.

C’est dans la Rue que nous vous convions ; dans la Rue qui appartient à la Foule, dans la Rue dont il n’est pas admissible que les pires ennemis de la Liberté puissent nous disputer la souveraine possession.

Qu’ils gardent — pour le moment — leurs églises, leurs temples leurs synagogues. Mais la Rue est à nous. Nous saurons la conserver.

Républicains, Libres-Penseurs, Socialistes, Révolutionnaires, Anarchistes.

Rendez vous tous, le dimanche 31 mai, à 3 heures précises,

Place de La république

Cette grandiose démonstration doit avoir un caractère véritablement populaire

Elle ne doit être l’œuvre exclusive d’aucun parti, d’aucune organisation, mais bien celle de toutes les organisations, de tous les partis et de tous ceux qui combattent l’influence néfaste de tous les cléricalismes.

Dimanche, venus de tous les quartiers et de la banlieue, nous serons des milliers et des milliers unis en l’inébranlable volonté d’en finir avec la réaction religieuse et de donner au monde l’impression et la preuve que Paris, le Paris des Faubourgs, le Paris qui travaille et qui pense, n’est pas la ville du Sacré-Cœur, mais reste la capitale de la Révolution.

De nos poitrines sortira, dominant le chant des cantiques, une formidable clameur de « À bas la calotte ! » et « Vive la Sociale ! »

(Le Libertaire) 

Camarades,

À l’issue de cette importante manifestation et quel que soit le chemin parcouru par les diverses colonnes qui sillonneront Paris, vous vous rendrez en masse :

à 5 heures précises

Gymnase Delsahut
11, rue de Malte, 11

Pour assister au meeting antireligieux auquel prendront part tous les orateurs, tous les propagandistes de la Pensée libre et notamment :
Allemane, Fribourg, WILM, Wilm, du PSOR
Griffulhes, Latapie, Lévy, de la Confédération Générale du Travail ;
Yvetot, Secrétaire de la Fédération des Bourses du Travail ;
Sébastien Faure

Ce placard peut être affiché. — Droit de timbre 0,12 centimes.

Imprimerie du “Libertaire”, 15, rue d’Orsel, Paris


sources :

Parue au dos du Libertaire 9e année, 4e série, numéro 30 (du 29 mai au 5 juin 1903).

cotes :
 


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