* aide à la recherche
Accueil > affiches > [Dénonçons leurs crimes !]

[Dénonçons leurs crimes !]

image indisponible
Image (fixe ; à 2 dimensions)
titre :
[Dénonçons leurs crimes !]
adresse :
. — Paris : CGT_ Comité confédéral (Confédération générale du travail : 1895-1914-…),
description technique (h × l) :
. — 1 affiche (impr. photoméc.) : n. et b. ; x × y cm
notes :
descriptif :


[ texte ]

texte :

Confédération générale du travail

Dénonçons leurs crimes !

L’opinion publique semble se trouver toute accaparée par le scandale financier des honnêtes liquidateurs du fameux Milliard des Congrégations ! Joint aux honteuses combinaisons capitalistes de l’Ouenza, du Maroc, de la Marine, et autres tripotages du monde politique et financier ; ce n’est cependant là qu’une salle affaire de plus.

Il est d’autres crimes à l’actif de nos maîtres actuels. La classe ouvrière ne doit pas les oublier.

Nous les lui rappelons.

Les massacres

C’est à Narbonne, contre les vignerons révoltés.

C’est à Nantes, contre les dockers.

C’est à Raon-l’Étape, contre les esclaves de la chaussure.

C’est enfin à Villeneuve-Saint-Georges, contre les serfs du bâtiment.

Bilan de ces glorieuses journées pour la République :
15 ouvriers tués et 467 mutilés.

Les condamnations

À cette férocité dans la répression, s’est joint un arbitraire gouvernemental sans précédent.

Des magistrats domestiqués, sur d’odieux et ridicules rapports de police, ont frappé durement bon nombre de militants ouvriers, pour délits de parole, faits de grève ; enfin, suprême arbitraire, comme gérant de La Voix du peuple.

Pour ceux d’entre ces militants, Julian et Ricordeau, la peine de la prison s’est augmentée de celle de l’interdiction de séjour,ordinairement réservée aux délits de vagabondage spécial.

C’est, au total :
180 années de prison qui, pendant cette législature,ont été généreusement distribuées par les chats-fourrés républicains.

Les révocations

les fonctionnaires ne furent pas épargnées par cette vague de réaction féroce.

Ce sont un instituteur et des sous-agents des postes, révoqués pour délit d’opinion.

C’est un fonctionnaire municipal, révoqué parce qu’ayant signé une affiche en tant que délégué de sa Fédération.

Ce sont des postiers révoqués pour faits de grève.

Ce sont des déplacements d’office s’abattant sur tous les fonctionnaires assez libres pour protester contre l’arbitraire de l’autorité administrative.

Le bilan des révocations, pour cette législation, est de :392 révocations, 16 déplacements.

Les crimes militaires

C’est enfin, pour couronner cette longue série d’exactions, le crime exécuté contre le soldat Aernoult, dans les bagnes d’Afrique ; c’est le soldat Rousset, courageux accusateur des criminels, et, pour ce fait, condamné à cinq ans de prison, qui risque maintenant d’être aussi la victime des chaouchs.

C’est le soldat Amirault, poursuivi comme antimilitarisme, acquitté par le conseil de guerre, qui, par ordre d’un officier supérieur, reste menacé d’un départ aux compagnies de discipline.

Ce sont les pioupious du 17e, exposés au climat meurtrier de l’Afrique, pour avoir obéi à leur conscience de fils du peuple.

La CGT, organisme central de la classe ouvrière, s’élève avec indignation contre ces attentats répétés de gouvernants malpropres et véreux, pris la main dans le sac au pillage des biens des congrégations ; capables de toutes les bassesses et de tous les crimes, soutenus par des parlementaires aveulis et tarés, qui ont volé et dilapidé, eux et leurs amis, le milliard destiné aux retraites ouvrières.

À l’occasion des élections et de l’effervescence qui les entoure, la CGT veut dénoncer, dans ses meetings, les escroqueries et les crimes de nos gouvernants.

Elle veut aussi amplifier encore l’agitation nécessaire dont les manifestations du Premier Mai seront le couronnement.

Tous debout pour le défense de nos droits de de nos libertés.

Le Comité confédéral


sources :

Affiche de 1910 contre les crimes miliaires (d’après Rapports des comités & des commissions pour l’exercice 1908-1910, présentés au XVIIe congrès corporatif, XIe de la CGT, tenu à Toulouse, du 3 au 10 octobre 1910, p. 23-24).

cotes :